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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 17:28
Roman - Editions du Rocher / Pocket - 1989 / 1991 - 380 pages

Roman - Editions du Rocher / Pocket - 1989 / 1991 - 380 pages

Christian Jacq - Maître Hiram et le roi Salomon

 

 

Ce roman nous plonge dans l'époque des Pharaons mais cette fois du côté d'Israël.

 

Lorsque Salomon fils de David s'apprête à régner, c'est un peu le chaos. Israël est déchiré par des conflits internes. Salomon veut absolument la paix, il refuse de poursuivre la politique de son père. Son obsession c'est la construction d'un Temple pour honorer Yahvé alors que la coutume était plutôt nomade. Il admire beaucoup l'Egypte.

 

Il trouvera un architecte digne de mettre sur pied son projet pharaonique. 

 

C'est toute cette aventure que décrit à merveille Christian Jacq comme à son accoutumée. C'est un plaisir de le lire et on ne s'en lasse pas.

 

Je conseille vivement.

 

Lecturement vôtre.

 

                                            Christie Jane (Livre lu en septembre 2017)

 

 

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 17:30
Roman - Le Grand Livre du Mois / Seuil - Avril 2015 - 503 pages

Roman - Le Grand Livre du Mois / Seuil - Avril 2015 - 503 pages

Henning Mankell - Daisy Sisters

 

Ce livre m'a laissé une drôle d'impression. J'ai un peu de mal à exprimer ce que j'ai ressenti en le lisant. 

 

Au début, nous suivons les aventures d'une jeune femme dans les années 30 qui rêve d'évasion. Elle réussit à partir quelques jours en vacances avec une correspondante qui est devenue son amie. Malheureusement un évènement va se produire qui va bouleverser le cours de sa vie.

 

Ce roman raconte donc l'histoire de cette femme, puis de sa fille qui va devenir l'héroïne principale de ce livre. Sans se le dire, c'est l'époque qui veut cela, elles vivent un peu les mêmes frustrations et les mêmes rêves. 

 

C'est un peu triste, un constat sur la condition de la femme depuis les années 30 et jusqu'au années 80 environ.

 

Cette lecture m'a rendue songeuse. Bien sûr, le roman est bien écrit, c'est un Henning Mankell tout de même, mais je suis restée sur ma faim (fin). J'attendais quelque chose qui n'est pas venu...

 

Lecturement vôtre...

 

                           Christie Jane (Livre lu en Juillet 2017)

 

 

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 17:03
Roman - Nomades - 2016 - 229 pages

Roman - Nomades - 2016 - 229 pages

Marie Laberge - Juillet

 

 

J'ai eu l'occasion de rencontrer Marie Laberge au Salon du Livre de Genève en avril dernier.

L'auteure est très accessible, agréable.

Elle m'a fait une gentille dédicace, et, pour l'anecdote, si nous avons eu le temps de papoter un peu c'est aussi parce qu'elle attendait les marque-pages qu'elle voulait offrir à ses lecteurs et ils étaient introuvables (les marque-pages bien sûr car il y avait une file de lecteurs très longue !).

 

 

Je lui ai avoué n'avoir jamais lu de roman sorti de sa plume. Chose que j'ai arrangée depuis avec un grand plaisir. En fait j'ai dévoré son roman.

 

 

Une histoire comme il pourrait s'en produire dans toutes les familles.

 

 

Un amour impossible entre un beau-père et sa belle-fille. On apprend petit à petit à connaître les personnages de cette histoire prenante. Les personnalités de chacun durant le déroulement d'un week-end censé être de fête. L'anniversaire de la belle-mère.

 

 

Malheureusement tout ne vas pas se passer comme prévu, les vernis vont se craqueler et révéler petit à petit les failles de chacun.

 

 

Une histoire qui se lit bien, captivante, étourdissante de réalisme. On est le voyeur, celui qui sait.

 

 

Lecturement vôtre

 

 

                            Christie Jane (Livre lu en Juillet 2017) 

 

 

 

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 18:11
Roman - Albin Michel - 2014 - 496 pages

Roman - Albin Michel - 2014 - 496 pages

Eric-Emmanuel Schmitt - La part de l'autre

 

Ce roman raconte l'histoire de Adolf Hitler en miroir. 

 

C'est-à-dire, d'un côté la vraie histoire de sa vie, et, parallèlement, une histoire qui aurait pu être la sienne si Adolf Hitler avait été accepté à l'Ecole des beaux-arts de Vienne.

 

On est au coeur du personnage vu par l'écrivain très doué qu'est Eric-Emmanuel Schmitt.

On s'y plonge totalement avec les paradoxes de nos sentiments, tantôt avec l'un Adolf H., tantôt avec l'autre A. Hitler.

 

Captivant, c'est un livre que je vous conseille volontiers quel que soit votre âge.

 

A la fin, l'auteur présente le journal de ses ressentis avant et pendant l'écriture de cet ouvrage.

 

Lecturement vôtre

 

                                              Christie Jane (Livre lu en Juin 2017)

 

 

 

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 17:49
Roman - Lgf (Le Livre de Poche) - 2004 - 252 pages

Roman - Lgf (Le Livre de Poche) - 2004 - 252 pages

Eric-Emmanuel Schmitt - Lorsque j'étais une oeuvre d'art

 

Un roman très moderne, intemporel, qui trouble, choque et fascine à la fois. 

 

Un être humain qui devient une chose par envie de mourir.

 

Un périple aussi audacieux qu'incroyable et pourtant très réaliste.

 

Eric-Emmanuel Schmitt sait si bien nous emmener dans son monde qu'on le croirait nôtre, tout en espérant que cela n'arrivera jamais.

 

Je n'en dis pas plus, c'est un roman à lire absolument par tout un chacun.

 

Lecturement vôtre.

 

                                    Christie Jane (Livre lu en Février 2017)

 

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 18:40
Roman - Kero - 2016 - 328 pages

Roman - Kero - 2016 - 328 pages

Laurent Gounelle - Et tu trouveras le trésor qui dort en toi

 

Ce livre est le dernier né des romans de Laurent Gounelle et c'est encore un chef d'oeuvre ! Bravo Monsieur. Je suis fan.

 

A chacune de mes lectures, je suis émerveillée par ce que je découvre, la lucidité sur le sens de la vie exprimée clairement pour que tout le monde y trouve son compte. Merci.

 

Comment s'épanouir, croire en ses capacités et réaliser ses rêves. Ce sont les messages que fait passer l'auteur à travers ses livres.

 

Dans ce roman il y est question d'un prêtre, Jérémie, qui cherche une voie pour intéresser de nouveaux fidèles dans sa paroisse. 

 

Il a du mal à s'épanouir avec si peu de paroissiens. Il se confie à une amie d'enfance, athée, dont le métier est la communication. Alice veut l'aider mais ne connait pas le domaine de la religion. Elle commence donc par effectuer quelques recherches.

 

Petit à petit, elle découvre l'universalité des messages transmis du fond des âges et partage ses découvertes avec son ami prêtre.

 

Un voyage spirituel, un roman rempli de tendresse, d'amitié, d'humour et d'une grande humilité à découvrir par tout un chacun, quel que soit ses croyances, et réunir le plus grand nombre de résidents de l'Univers à découvrir le trésor qui dort en eux.

 

Lecturement vôtre !

 

                                                      Christie Jane (livre lu en janvier 2017)

 

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 19:28
Pierre Ramirez

Le sujet de cet atelier d'écriture était assez particulier ce jour-là. 

 

Nous avions pour mission d'écrire la biographie d'une personne à partir d'une simple photo, en l'occurence un Monsieur.

 

Chaque participant à cet atelier a dû choisir une période de l'existence de ce monsieur que nous avons choisi d'appeler Pierre Ramirez, et, nous avons inventé sa vie...

 

Pour ma part, j'ai choisi la partie professionnelle dans la tranche d'âge de 42 à 52 ans.

 

 

 

Pierre Ramirez 

Professionnel de 42 à 52 ans

 

En parcourant la rubrique mortuaire, que je regarde toujours brièvement au cas où je connaîtrais quelqu’un, je m’arrête sur Pierre Ramirez, décédé à l’âge de 73 ans.

 

Oui, je le connais, j’ai travaillé avec lui. Nous étions dans le même bureau chez Mineral Oil Group. Il avait été engagé pour m’assister dans la gestion des réclamations clients de la Mineral Oil Tax, alors que j’étais complètement débordée.

 

Au début, je n’avais pas compris pourquoi ils avaient choisi Pierre et j’avais tendance à perdre patience devant sa nonchalance.

 

Par la suite, je m’étais vite rendue compte que ce n’était pas de la nonchalance mais que Pierre était en fait un introverti qui réfléchissait et prenait le temps de faire le tour de la question avant de prendre une décision.

 

Cette qualité m’est devenue complètement essentielle car il ne se trompait jamais et les dossiers qu’il me remettait étaient solides, basés sur les bonnes réflexions avec toutes les pièces justificatives dont j’avais besoin pour la constitution des dossiers. Je gagnais donc un temps fou et mon assistant devint vite indispensable.

 

Il était par ailleurs très bien organisé, ordré, presque trop, parfois je me disais que c’était un maniaque tant il reposait chaque chose à sa place et qu’aucun papier ne traînait jamais sur son bureau.

 

Quand il se levait pour aller chercher son café à neuf heures trente précisément, il me proposait systématiquement d’en prendre un pour moi. Je culpabilisais car j’oubliais l’heure, le café et c’est seulement au moment où il me le proposait que je réalisais à quel moment de la journée nous étions. Puis c’est devenu une habitude.

 

Pierre avait un caractère en or, il était toujours d’humeur égale, calme, posée. Contrairement à moi qui régulièrement pestait lorsqu’une mauvaise nouvelle tombait pour un de mes dossiers, lui restait toujours impassible tout en gardant sa concentration et son investissement dans le travail.

 

Ce que j’avais pris au début pour du « jem’enfoutisme » était en fait tout l’inverse, dans le calme et l’élégance.

 

En parlant d’élégance, Pierre était d’ailleurs toujours bien vêtu, pantalon de costume, chemise, sans cravate, il s’octoyait cette petite liberté étant donné que nous avions peu de contacts physiques avec l’extérieur.

 

Il ne paraissait jamais contrarié quand la direction nous faisait une crasse comme souvent elle savait les faire, alors que moi je marmonais dans ma barbe, que je râlais à haute voix et que je disais tout haut ce que j’en pensais sans ménager mon langage, il hochait doucement la tête sans commenter.

 

Il est vrai qu’il était peu bavard. Difficile de savoir ce qu’il pensait ou ce qu’il vivait en dehors du travail. Nous ne parlions pas de nos vies privées. Son attitude discrète dès le départ m’avait tenue à l’écart de toute envie de « copiner » ou d’échanger des propos personnels. Nous parlions du temps qu’il faisait, de l’actualité mondiale et de nos tâches essentiellement. Je ne savais donc rien de lui. De toute façon, nous avions tellement de travail que c’était mieux ainsi, nous ne perdions pas de temps en discussions.

 

Pierre n’était ni beau, ni laid. Le mystère qui rôdait autour de lui en raison de sa discrétion lui donnait beaucoup de charme, de douceur aussi. Parfois je me demandais si ce n’était pas pour se protéger d’une âme trop sensible qu’il créait cette distance avec les autres. Car il était pareil voire encore plus distant avec nos collègues. J’étais la seule à avoir le privilège de le voir de façon plus détendue, « intime », si l’on peut vraiment dire cela. Je pense qu’avec moi et les années, il se sentait bien dans ce bureau car il était vraiment serein, presque décontracté, mais toujours aussi consciencieux et concentré qu’au premier jour. Je n’aurais échangé mon assistant contre rien au monde !

 

Lorsqu’en fin d’année les évaluations arrivaient et que je devais rapporter à mon supérieur les notes que j’avais prises sur mon second tout au long de l’année, je ne tarissais pas d’éloges à son égard à tous les niveaux. A tel point qu’une fois, je me rappelle que mon manager m’a regardée étrangement comme s’il pensait que j’étais peut-être tombée amoureuse de lui. Non ce n’était pas le cas mais je crois que peu de personnes se rendent compte de l’importance d’avoir un collaborateur en or alors que tant de gens se tirent dans les pattes, se font souffrir gratuitement, espèrent secrètement faire virer ou prendre carrément la place de leur collègue. On peut dire que grâce à Pierre j’allais de bon cœur à mon travail et cela n’a pas de prix.

 

En conséquence, il avait de belles primes de fin d’année et je sentais qu’il m’en était reconnaissant à sa façon de me proposer le café avec chaleur ou par un regard plus appuyé.

 

J’ai occupé ce poste en sa compagnie pendant dix ans puis notre société a été rachetée et la nouvelle direction a licencié tout le monde. Nous nous sommes quittés pratiquement de la même façon que nous nous étions présentés le premier jour en nous serrant la main, la seconde fois un peu plus longuement toutefois que la première, sans doute pour exprimer tout ce qui ne pouvait pas être dit.

 

Par la suite, j’ai souvent pensé à Pierre et me suis demandée ce qu’il était devenu, il avait, je crois, cinquante deux ans quand nous avons dû quitter la société Mineral Oil Group. Cela fait donc plus de vingt ans que je n’ai plus revu Pierre et voici qu’il est décédé à présent.

 

J’en suis très attristée.

 

 

                                     Christie Jane (écrit en Mai 2015)

 

 

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 14:16

Le sujet de cet atelier était : Silence ou Silences

Silences

Silences

 

 

Depuis son retour à la maison, elle ne parlait pas. Je ne reconnaissais plus ma fille. C’était une ombre silencieuse qui se glissait de sa chambre à la salle de bain et de la salle de bain à sa chambre.

 

Elle venait picorer à la cuisine en notre absence. Je le savais car il y avait de petits signes qui m’alertaient : le chiffon changé de place, un paquet de biscuits entamé mais remis dans le placard, un pot de yogourt vide dans la poubelle, presque rien mais cela me rendait heureuse, je me disais que si elle avait faim, rien n’était perdu, elle pouvait se reconstruire, retrouver une vie « normale ».

 

Parfois j’allais écouter derrière sa porte. Je n’entendais rien, pas de musique, pas de télévision, rien si ce n’était de petits bruissements de papier, peut-être lisait-elle ou écrivait-elle ?

 

Au début j’essayais de la déranger, de la questionner, mais dès qu’elle posait son regard sur moi, je savais que je n’avais pas ce droit. Son expression changeait, d’une attitude triste, elle passait à une totale absence, comme une coquille vide. En pareille situation l’effet est garanti, vous n’avez qu’une envie : bafouiller une quelconque excuse et battre en retraite immédiatement. Au début ce silence était si pesant qu’il y avait comme une chape de plomb sur la maison. Avec Charles, mon mari, on se surprenait à chuchoter ou à se faire des gestes pour se faire comprendre. On baissait le son de la télévision. Puis petit à petit, le silence est devenu moins pesant, plutôt comme un cocon, on l’a apprivoisé, on s’en est accommodé. Même Elise a eu l’air d’aller mieux dans son propre silence, elle se glissait un peu moins doucement d’une pièce à l’autre, alors on s’est habitué, on s’est même mis à apprécier le silence sans le craindre, sans s’angoisser.

 

Je me disais que ce serait toujours comme cela, une fille muette, une ombre de fille.

 

Tout avait commencé un jour du mois de novembre, l’année dernière, j’avais trouvé un mot sur la table de la cuisine. Ma fille unique, Elise, partait « vivre sa vie » avec son petit ami. C’était son expression « vivre ma vie ». Elle n’avait que quinze ans et nous n’avions aucune indication de l’endroit où elle allait, ni du petit ami en question. C’était un tsunami dans nos petites vies rangées, boulot, lycée, dodo. On n’avait rien vu venir. Trois mois plus tard, la police l’avait retrouvée, seule, errant dans le métro à Paris, en haillons, hagarde, sale et dénutrie. Elle était devenue muette. Après un mois de soins dans un centre hospitalier spécialisé pour les adolescents on nous a rendu notre fille, enfin plutôt une fille, qui, physiquement lui ressemblait, mais qui n’était plus vraiment notre fille. Deux mois plus tard il n’y avait pas d’amélioration lorsque nous avons reçu un courrier du lycée. Elle devait refaire son année puisqu’elle n’y avait passé que les deux premiers mois. J’ai dû remplir une inscription comme si c’était la première fois. Je me revoyais un an plus tôt la presser de choisir car elle changeait d’avis dix fois de suite sur les options qu’elle devait cocher, elle était toute excitée à l’idée de quitter le collège alors. J’ai décidé de lui donner le formulaire dans sa chambre. J’ai frappé à la porte, attendu quelques secondes de politesse puis je suis rentrée. Je l’ai vue assise à son bureau, en train d’écrire, elle m’a regardée. Cette fois-là son expression était presque interrogative, c’était rare que je vienne la déranger. Je lui ai tendu la feuille de projet du lycée sans un mot, c’est contagieux le silence. Elle l’a prise, l’a regardée, et je ne sais pas si c’était mon imagination, mais j’ai vu un imperceptible sourire, comme si elle aussi avait pensé à son attitude enfantine de l’année dernière. J’ai retrouvé espoir ce jour-là car elle a gardé le papier, c’était bon signe, je lui ai souri, lui ai caressé les cheveux, les épaules, la joue et je suis sortie de sa chambre.

 

Je me suis sentie mieux car j’ai su qu’elle reprendrait le lycée cinq mois plus tard et que d’ici-là j’aurais appris à communiquer avec elle.

 

Je repense à tout cela avec un pincement au cœur aujourd’hui.

Elle a un sourire pour chaque personne à qui elle dédicace son livre.

Il y a juste un an que nous l’avons retrouvée.

J’étais encore ignorante de l’innommable, maintenant je sais mais je me demande ce que je préfère : savoir ce qui lui est arrivé et devoir vivre avec ça ? ou ne pas savoir et vivre avec une ombre silencieuse ?

 

Son livre s’appelle : fugue, viols et châtiments

 

 

                                                         Christie Jane (Texte écrit en Mai 2014)

 

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 08:57

Le sujet de cet atelier : dispute, chamaillerie, algarade, conflit, bisbille, bagarre, querelle, altercation, prise de bec, brouille, démêlé, différend, ...

Les Copines

Les Copines

 

 

 

S’il me fallait choisir entre mes deux amies, ce serait impossible. Je les aime toutes les deux, aussi différentes soient-elles l’une de l’autre.

 

Pourtant, il me devenait de plus en plus insupportable d’assister régulièrement à leurs disputes semaines après semaines.

 

On m’avait prévenue que le chiffre trois ne peut pas fonctionner en amitié, qu’il y a toujours quelqu’un qui reste sur le carreau.

 

Dans le cas présent je suis plutôt l’arbitre qui compte les points et ce soir trop c’est trop.

 

Caroline accuse Sabine de ne jamais lui rendre ses affaires et Sabine veut des exemples concrets. Le ton monte et comme à chaque fois j’essaie de les calmer en changeant de sujet. Parfois ça marche mais pas ce soir.

Alors j’ai décidé que c’en était terminé. Ce serait la dernière fois que je les verrais toutes les deux ensemble. J’opterai pour une semaine sur deux comme un enfant qui voit son papa la semaine paire et sa maman la semaine impaire. Je me suis donc levée, j’ai fait la bise à Caroline un peu sèchement, j’ai fait de même avec Sabine et je suis partie. J’ai senti dans mon dos leur regard et un silence pesant. J’espère qu’elles ont compris qu’elles me tapaient sur le système.

 

La semaine suivante, j’ai contacté Caroline pour une sortie resto. Dès son arrivée, elle s’est mise à regarder partout, puis a demandé :

 

  • Elle n’est pas là Sabine ?
  • Non, ce soir on n’est que toutes les deux.
  • Ah ? Elle est malade ?
  • Non, je ne lui ai pas proposé de venir.

 

Caroline, stupéfaite, ouvre deux grandes mirettes remplies d’incompréhension.

 

  • J’en ai marre de vos disputes incessantes, alors j’ai décidé de vous voir séparément.
  • Sans nous demander notre avis ? s’exclame Caroline et elle ajoute :
  • T’es gonflée !
  • Pourquoi ? ça te manque les chamailleries ?
  • On ne se chamaille pas on discute ! T’as un problème, ou quoi ?

 

Caroline a le culot de me poser cette question.

 

  • Alors ça c’est la meilleure ! Chaque semaine vous vous querellez sans fin pour des broutilles, un livre pas rendu, un maquillage mal fait, un cadeau qui n’en est pas un, bref, j’aurais des collections d’exemples à te donner et au lieu de vivre une soirée à rigoler entre copines je passe mes soirées à essayer de vous calmer.

 

Caroline de rétorquer :

 

  • Si on ne peut même pas débattre tranquillement avec Sabine sans que tu le prennes mal, tu as raison de vouloir passer tes soirées seule. Salut et bonne soirée !

 

Caroline s’est levée et m’a plantée là comme une gourde. Je n’y comprends plus rien.

 

La semaine suivante, j’ai tenté la même expérience mais cette fois avec Sabine. Au téléphone, je lui ai trouvé un ton bizarre.

On s’est donné rendez-vous dans un pub car nous n’avions pas envie de manger.

 

A mon arrivée, Sabine est déjà installée.

D’un ton légèrement acide elle me demande avant que j’aie eu le temps de m’asseoir :

 

  • Et Caroline, elle n’est pas invitée à notre petite sauterie ?!

 

Ça ressemble plus à une accusation qu’à une question. Je lui réponds par une autre question :

 

  • Tu lui as parlée récemment ?
  • Oui, qu’est-ce que tu crois ? On est des copines, nous, on se parle, on ne s’aboie pas dessus comme tu as l’air de le penser.
  • Alors là, je ne vous comprends plus du tout. Lorsque vous êtes séparées vous vous mettez d’accord pour vous entendre contre moi et lorsque vous êtes ensemble vous m’ignorez car vous êtes entièrement absorbées par vos disputes.
  • Pourquoi tu t’entêtes Martine ? Caroline t’a déjà expliqué que l’on ne se dispute pas, on s’exprime, tu ferais bien d’en faire autant plutôt que de faire tapisserie dans nos soirées.
  • Parce qu’il n’y a pas à dire, on se fait chier avec toi toute seule !

 

Sabine se lève et s’en va.

 

J’en suis toute retournée, j’ai la nausée, la tête me fait mal, je n’ai même pas la force de me lever, je viens de perdre mes deux meilleures copines et je n’ai rien compris.

Suis-je aussi aveugle pour avoir tout confondu ?

 

Soudain, je vois Caroline et Sabine bras-dessus bras-dessous toutes souriantes s’approcher de moi.

 

Caroline :

 

  • On t’a bien eue, hein ?

 

Sabine de renchérir :

 

  • Ah ! Ouais ! Sur ce coup-là on s’est bien mis d’accord !

 

Je les regarde à tour de rôle sans comprendre, des larmes me montent aux yeux, trop d’émotions m’envahissent.

 

Caroline me prend dans ses bras et me dis :

 

  • Merci Martine. Tu nous as ouvert les yeux. C’est toi qui as raison, on se pourrissait toutes nos soirées, c’était comme un jeu malsain.

 

Sabine de continuer :

 

  • Oui si tu n’étais pas partie l’autre fois ça aurait pu continuer des années, sans fin. Tu nous as fait un électrochoc.

Après ton départ on s’est expliqué Caroline et moi et on a décidé d’arrêter de se chamailler pour rien.

 

Caroline reprend :

 

  • On avait en fait une vieille rivalité à cause d’un garçon qu’on aimait toutes les deux au lycée et on a gardé cette jalousie tout au fond de nous pendant toutes ces années sans pouvoir s’en débarrasser. Mais maintenant grâce à toi on est guéri !

 

Sabine continue :

 

  • Du coup on a décidé de te faire marcher un peu et de te montrer comme ça fait mal de s’engueuler et que tu avais raison de vouloir que ça cesse. Par contre on ne voulait pas te faire du mal, juste un peu t’enquiquiner à notre tour !

 

J’en suis toute retournée, ah les nouilles, elles m’ont fait une de ces peurs ! Mais je les adore !

 

Trois c’est décidemment un très bon chiffre !

 

 

 

 

                                                                                 Christie Jane (Juin 2016)

 

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 07:18
Contes - France Loisirs (Albin Michel) - 1993 - 377 pages

Contes - France Loisirs (Albin Michel) - 1993 - 377 pages

Jacques Salomé - Contes à Guérir, Contes à Grandir

 

 

Un livre qui nous fait prendre conscience que rien n'est anodin dans nos passages de vie, dans nos ressentis et nos émotions particulièrement lorsqu'on ne les exprime pas.

 

Ce sont de petites histoires sous forme de contes sur un cas précis, une situation particulière de la vie, le deuil, la jalousie, la solitude, etc, sous la forme des émotions ressenties mais non exprimées et leurs conséquences sur la santé, le développement de soi et le moral.

 

Par ce chemin, le conte ravive des mémoires qui sommeillaient et le fait de réaliser cette souffrance cachée permet d'en guérir et de comprendre aussi ce qui nous a affecté.

 

Un livre à mettre dans toutes les mains ne serait-ce que pour la beauté des contes racontés et illustrés.

 

                                                                                       Christie Jane (Livre lu en 2016)

 

 

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