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Tableau Le Store

 

 

 

 

 

Sur le fil de l'espoir

 

 

 

 

 

Son visage m’habite. Dès que je suis seul quelque part, je sens son regard, bienveillant, sur moi. Je la vois bien réelle. Je suis obsédé, fasciné, par ses yeux turquoise, grands ouverts. Il me semble qu’elle fixe un point au-delà de mon épaule avec une expression candide, sereine. Elle me rassure. Je m’en veux tellement. Je me sens si impuissant. La deviner ainsi me donne l’illusion qu’elle me permet de ne plus souffrir. Je l’aime, si j’ai mal, c’est justement pour cette raison. Je lui suis infiniment reconnaissant de venir à moi ainsi : calme, fraîche. Elle m’apaise. Je ne pense pas que je supporterais qu’elle se matérialise d’humeur triste ou torturée.

Le téléphone me tire de mes pensées. Ma secrétaire annonce mon prochain rendez-vous. Mon rêve reprendra ce soir, ma toute belle, je te laisse pour remplir mes devoirs de chef d’entreprise.

Le soir, quand je retrouve mon immense duplex tout en haut d’une imposante tour de la ville, je me surprends à la trouver devant moi, sans la chercher, elle vient toute seule. Et je me calme. Je souris, enfin ! Il n’y a qu’elle qui me fasse cet effet-là. Dans son visage comme effacé par un voile ocre, ses yeux ressortent si pleinement qu’il est inutile de scruter autre chose sur ce minois que je connais par cœur. Elle est magnifique, resplendissante, c’est mon cadeau. Je passe mon temps à l’admirer, je n’ai besoin de rien, ni de personne d’autre. Je me dis que, si un jour, cette apparition ne venait plus à moi, je n’aurais plus qu’à mourir. Ce serait la fin de mon monde, de ma vie. Je n’ai que cette compagnie pour ressentir du bien-être, de la joie. Je l’attends, je la chéris, je me noie dans ses yeux. Elle partage mon amour, de cela je n’en ai jamais douté. Cela se sent mais ne s’explique pas. Elle s’impose à moi, comme dans un tableau, toujours pareille, yeux fluides, intenses, tels deux aigues-marines.

A nouveau, je suis interrompu dans ma contemplation muette et passive, cette fois par la sonnette de la porte d’entrée. C’est l’inspecteur chargé de l’affaire. Il a l’air emprunté. Après les formalités d’usage, je le fais asseoir dans le salon. Il tente de m’expliquer, en prenant des gants, des gants de velours, qu’il est obligé d’interrompre les recherches, que, voyez-vous, cela fait déjà dix ans… que ses supérieurs ont besoin de lui sur d’autres dossiers plus importants, plus urgents… qu’aucune nouvelle piste n’a surgi, pas d’indice, pas de témoin, rien.

Je l’entends à peine : J’ai les oreilles qui bourdonnent de plus en plus fort, la vue qui se brouille. Mon bébé, ma fille chérie ! Ce n’est pas possible, on ne peut pas t’abandonner, pas maintenant ! Dix ans que tu as disparu, que tu t’es envolée, volatilisée, évaporée. On ne peut pas laisser tomber l’enquête, c’est inconcevable, où es-tu ? Vais-je encore t’imaginer dans ma tête après ce soir ou est-ce aussi la fin de tes apparitions ? Vas-tu disparaître une seconde fois et pour toujours ?

 

 


Forum de Meyrin, Christie Jane, le samedi 9 mai 2009

Exposition Artistes Meyrinois du 13 au 20 juin 2009

Galeries du Théâtre - Forum Meyrin

D’après le tableau de Karin Loubet Weber « Le Store »



 

Tableau-Le-Store-2-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

                                                                       Christie Jane (Mai 2009)

 

 

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