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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 15:53

Le sujet : Se mettre dans la peau de quelqu'un qui a fait quelque chose de mal.

 

 

 

 

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Le Chauffard

 

 

 

 

 

 

 

 

Oui, vous pouvez me laisser en prison, je n’ai pas envie de sortir et d’affronter tout ce qui m’attend. Je viens de passer en comparution immédiate mais ce n’est pas aujourd’hui que je connaîtrai la sentence. Le procès vient d’être ajourné car la famille ne tient pas le coup. Trop d’émotions, de chagrin, de colère, d’incompréhension. Et moi je n’arrive pas à croire que tout cela arrive à cause de moi. L’alcool c’est fini, je ne toucherai plus une goutte de cette merde. Même si je dois rester en prison dix ans, je le mérite, c’est moi qui aurais dû mourir il y a trois jours, pas lui.

Il a fallu que j’aie envie d’aller boire l’apéro avec les potes en sortant du boulot, de les retrouver dans notre bar ; c’est un peu la tradition du vendredi soir. On a passé une bonne soirée à blaguer et à picoler. J’ai même dragué une nana, mais elle avait déjà quelqu’un. A vingt-deux heures quand les autres sont rentrés chez eux j’ai voulu partir aussi. J’ai pris ma camionnette. Pourquoi ? Parce que je n’ai même pas imaginé que j’avais trop bu pour conduire. Je sais qu’on n’a pas le droit de rouler avec plus de deux verres d’alcool, mais je me sentais bien. Le soir c’est tranquille, je n’ai jamais eu de problèmes les autres fois.

Arrivé à deux rues de chez moi, j’ai tourné et je n’ai pas vu la moto qui arrivait en face.

Ça s’est passé en une seconde, je n’ai rien compris. Oh, mon dieu ! Je n’arrive pas à y repenser, à croire que c’est moi qui ai fait ça. J’entends encore ce bruit, ce bruit atroce ! Je n’ai pas capté tout de suite ce qui arrivait. J’étais sonné. C’est lorsque je l’ai vu étendu par terre que j’ai saisi, il ne bougeait plus, il avait encore son casque sur la tête. Des gens sont venus de la maison d’en face, je n’ai pas bougé, j’étais comme paralysé, sous le choc, je ne voulais pas affronter cette réalité-là. Il est mort sur le coup, c’est la police qui a constaté le décès, il paraîtrait qu’il n’a pas souffert. Dix-huit ans ! J’en ai trente-neuf, il aurait pu être un des gosses pour lesquels je me bats tous les jours dans mon boulot pour les remettre sur les rails, je suis éducateur, il aurait même pu être mon gamin ! J’ai vraiment déconné cette fois.

 J’ai vu sa famille au tribunal, elle me hait. Sa mère, la pauvre, toute recroquevillée dans son chagrin, elle ne tenait pas debout, son père, je n’ai jamais vu un homme dans cet état-là, détruit, ravagé, sanglotant. 

 

Mon Dieu ! Sa douleur, je peux la ressentir aussi, j’ai une fille de deux ans et si on me la tuait ? Un homme ivre ? Comment réagirais-je ? J’aurais envie de le tuer ! Mais là c’est moi l’assassin ! J’ai tué un gosse de dix-huit ans sans m’en rendre compte ! Je n’arrive toujours pas à y croire, à l’assimiler. Quelle horreur ! Quelle abomination ! Comment survivre après cela ? Comment vais-je expliquer à ces jeunes que j’essaie de réinsérer dans la société, que j’ai tué l’un des leurs ? Avec 1,6 gramme d’alcool dans le sang ?! Le procureur a dit qu’il sortait de chez le Mac Do et qu’il rentrait chez lui. Il était clean, ce gosse.

Ma vie est foutue, et celle de cette famille… je n’oublierai jamais leur regard. J’ai envie de crever, mais non, ma punition je dois l’endurer jusqu’à la fin de ma vie.

Mon ex doit être au courant, qu’a-t-elle dit à notre fille ? Que son père est un criminel ?

J’aimerais tant pouvoir effacer cet accident. Recommencer cette journée de vendredi et rentrer après le boulot sans qu’il ne se soit rien passé.

Je n’ai pas envie de sortir de prison, d’affronter les gens, la vie. Je ne fais même pas attention aux autres détenus. Ils m’insultent me lancent des trucs. Il y en a même un qui m’a planté sa brosse à dent dans les côtes ; je ne l’ai même pas dénoncé, j’ai une plaie profonde, mais je m’en fous. C’est ma vie à présent. Que ce témoignage serve au moins à quelqu’un c’est tout ce qui compte.

 

 

 

 

 

                                                                                                          Christie Jane (Novembre 2006)


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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 08:25

Sujet : La nouvelle doit se passer dans le Jardin Alpin

 

 

 

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Malédiction au Jardin Alpin

 

 

 

 

 

 

Disponible à l'achat sur Amazon Kindle :

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                                                                                                                           Christie Jane (Avril 2006)

 

 

 

 

 

Texte publié dans Mosaïque pour Genève No. 12

EDITIONS ORPHEA ARTMEYRINOIS 2006

 

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 10:31

Le sujet  est en deux phases :

 

1) Créer une nouvelle sur la phrase de Baudelaire : "Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir"

2) Ecrire une nouvelle sur "Qu'est-ce qu'une soirée mondaine" d'après moi

 

Trouver le fil conducteur pour rejoindre les deux nouvelles.

 

 

 

 

 

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Une soirée mondaine

 

 

 

 

 

 

 

 

La musique, les lumières et les robes tournaient, tournaient. J’en étais enivrée, moi qui déteste danser, je ne pouvais plus m’arrêter. Je sentais pourtant la tête me tourner légèrement comme à chaque fois que je virevolte trop longtemps mais cette fois-ci, ce n’était pas désagréable. A chaque passage près d’une autre dame tournoyante, je pouvais saisir l’effluve plus ou moins forte de son parfum. Les messieurs aussi avaient leurs odeurs, parfois désagréables de transpiration mais dans l’ensemble plutôt bonnes de coriandre ou de musc.

 

Dire que j’étais réticente à l’idée de cette soirée mondaine. J’ai horreur des chichis et j’avais peur de ne pas être à mon aise, de ne pas savoir quoi dire, je ne suis pas du même monde que toutes ces personnes. J’ai toujours l’impression d’être moins cultivée que les gens de la « haute société ». Je n’ai pas eu le droit d’étudier.

De plus je ne sais pas danser et n’aime pas cela.

Antoine m’avait pourtant convaincue. C’était important pour lui. Une invitation de son patron ne se refuse pas. Il imaginait déjà un tas de projets pour son avenir professionnel. Il n’y avait rien eu à faire, j’avais dû céder et faire les boutiques pour me trouver une robe chic mais à un prix défiant toute concurrence. Ce n’était pas le moment de faire des folies !

 

Et ce soir j’affiche une mine heureuse et épanouie de la femme habituée à ce genre de soirée et qui y est très à l’aise. Décidément, je me surprendrai toujours. A l’inverse, mon Antoine a l’air un peu perdu, je l’entrevois parfois entre deux couples virevoltants. Il discute avec un homme d’une soixantaine d’années en costume sombre.

 

Soudain, c’est le noir complet, je sens mes jambes se dérober, mon corps s’affaisse sans que j’arrive à réagir, je tombe mollement à terre dans un frou-frou d’étoffe.

J’ai encore le temps de m’apercevoir que des têtes se penchent au-dessus de moi avant de sombrer totalement.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée ainsi, mais en revenant à moi, je vois le visage du patron d’Antoine penché sur moi. Ma première pensée est que j’ai tout gâché, mais à voir la mine désolée et sincèrement compatissante de cet homme, je me dis qu’il n’est peut-être pas le bourreau de travail que j’imaginais.

Il me demande comment je me sens et le temps que la question s’achemine dans les méandres de mon cerveau engourdi pour y pêcher une réponse, j’entends une voix d’homme :

 

          - Excusez-moi, je suis médecin, laissez passer. 

 

Martin le patron d’Antoine, s’éloigne et je le vois rejoindre mon homme qui est tout pâle et anxieux. Ils reprennent la conversation.

Le docteur m’ayant examinée sous toutes les coutures, me regarde dans les yeux et me dit :

          -Tout va bien, Madame. Il n’y a rien de grave, juste une chute de tension, semble-t-il. Il faudra quand même prendre un rendez-vous avec votre médecin traitant pour un petit check-up, par précaution. Pour l’instant il faudrait que vous puissiez vous reposer dans un endroit calme et sans fumée. 

Sur ces paroles, il se lève et se dirige vers Antoine et Martin. Ils bavardent tous les trois quelques instants. Je suis toujours à terre et n’ai aucune envie de me lever bien que je me dise que je ne devrais pas rester à même le sol !

Les trois hommes reviennent vers moi et entreprennent de me transporter à l’étage.

Il y aurait une chambre de libre. Ouf, je me réjouis d’être tranquille. Je ne suis pas fière de moi et ne me sens encore pas très bien.

 

 

****

 


J’ai promis à Maman de m’endormir vite, mais j’ai très envie d’espionner ses invités. De toute façon je n’arrive pas à dormir. Je me rhabille, sors de ma chambre et longe le couloir qui mène à l’aile du château.

Les trajets sont toujours très longs et dans la nuit complète ce n’est pas aussi simple que d’habitude.

Il est tard, et je suis presque sûr de passer inaperçu.

Je descends les escaliers recouverts de feutre rouge et j’arrive dans un des halls adjacents à la salle de réception.

J’attends qu’un convive se rende aux toilettes et je me faufile dans la pièce enfumée et bruyante.

De ci, de là, j’entends des bribes de conversations :

« - Ma fille termine sa troisième année médecine en juin et est déjà prête à affronter un nouveau semestre en septembre. »

Je me suis habillé en noir, col roulé et velours côtelés. Dans les films les espions sont toujours en noir. Personne n’a l’air d’être surpris de voir un garçon de sept ans se promener au milieu de la réception.

Je vois des femmes vêtues bien légèrement à mon goût, en tout cas à maman on ne voit pas autant sa poitrine et ses jambes, mais les messieurs regardent attentivement au-dessus de leur épouse ces détails chez les autres femmes. J’aperçois plus loin mon père tenir une coupe de champagne et parler à un autre monsieur en costume noir avec un nœud papillon qui est de travers. Le monsieur a le teint  rouge et les yeux qui brillent. J’ai la trouille que mon père me voie, je me cache derrière la foule.

Au fond, il y a l’orchestre qui joue de la musique pour que les gens se trémoussent. Il y a beaucoup de couples sur la piste de danse, mais je ne vois toujours pas maman. J’espère qu’elle ne m’attrapera pas, elle va être fâchée de me voir là.

Une invitée raconte à une autre :

« - … et cette incompétente m’a complètement raté ma robe, je ne rentrais plus dedans, je suis sûre qu’elle l’a fait exprès ! »

Des serveurs se promènent entre les convives, et proposent des amuse-bouches ou des coupes de champagne, les hommes consomment facilement mais les dames ont d’abord une grimace puis se servent quand même en hochant la tête et soulèvent leurs épaules comme pour dire : tant pis !

Les messieurs sont presque tous habillés pareils : costumes souvent foncés : gris, noirs ou bleu marine, plus rarement en blanc ou beige, les femmes par contre ont des robes de toutes les façons, de toutes les longueurs, de toutes les largeurs et de toutes les couleurs.

Je suis déçu, il ne se passe rien d’intéressant, les uns dansent, les autres discutent de banalités, tout cela en mangeant et buvant. Bof, je vais retourner me coucher, là au moins, je pourrai lire une bande dessinée.

En entrant dans le hall, je vois ma mère se faire embrasser la nuque par un monsieur autre que papa. Elle me fait « chut » en mettant le doigt sur sa bouche et moi je fais pareil pour pas qu’elle me gronde et je monte les escaliers en vitesse.

Je crois qu’elle ne dira rien à papa, et moi non plus ! J’espère ne pas être devenu aussi rouge qu’elle quand elle m’a vu !

Je refais en courant le chemin en sens inverse et en arrivant devant ma chambre j’entends quelqu’un tousser dans la pièce à côté.

C’est bizarre, cette chambre n’est jamais occupée d’habitude, elle est réservée à la famille, mais celle-ci ne vient que rarement et on le sait super longtemps à l’avance.

Je m’approche, et, la curiosité étant plus forte que la politesse, je rentre en prétextant une erreur.

Sur le lit une dame toute blanche me regarde avec de grands yeux étonnés. Elle est jolie. Je fais mine de partir et elle me demande de rester.

Pourquoi pas, j’ai envie de lui demander des trucs sur les hommes et les femmes.

 

 

 

****

 

 

Je n’arrive pas à m’endormir. J’ai la tête qui bourdonne et mille idées circulent dans ce petit espace confiné. Je n’ai pas voulu qu’Antoine reste vers moi. Soudain, la porte s’ouvre et je vois un garçonnet bredouiller des excuses pour une erreur de chambre.

Il fait mine de repartir et je le rappelle. J’ai bien envie d’en savoir plus sur ce petit gars.

Sans avoir besoin d’insister, il s’assoit directement sur le lit. J’adore cette familiarité naturelle chez les enfants.

-       Comment t’appelles-tu ? Me demande-t-il.

-       Christine, et toi ?

-       Gaël.

-       Que fais-tu debout à cette heure tardive ?

-       J’avais envie de voir la fête que Papa et Maman ont préparée toute la journée.

-       Et tu y es allé ?

-       Oui ! Mais c’est nul ! En plus Maman m’a vu.

-       Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?

-       Rien, parce qu’elle était occupée avec un monsieur. Dis, quand on embrasse quelqu’un dans le cou, c’est pourquoi ?

Je réfléchis très vite car je sens le sujet brûlant sous sa question.

-       En fait, au moment de se dire au revoir, deux personnes qui ne se reverront plus s’embrassent dans le cou. C’est une marque d’affection. Cela ne t’est jamais arrivé ?

-       Non, sauf à Maman et ce n’était pas pour y dire au revoir. Tu fais quoi dans cette chambre ?

-       Je me repose car j’ai eu un malaise.

La porte restée entrouverte, s’ouvre en grand et Madame Leveque, la femme du patron d’Antoine entre dans la pièce.

-       Gaël, va tout de suite au lit ! Tu m’as désobéi ce soir. Je ne suis pas contente.    Demain tu seras consigné dans ta chambre, ce sera ta punition.

Gaël me fait un petit signe de la main et s’en va dans sa chambre en baissant la tête.

Je trouve la punition un peu sévère, mais n’ayant pas d’enfant, je me garde bien de m’en mêler.

La maman de Gaël me regarde droit dans les yeux et me demande :

-       Tout va bien ?

-       Oui, cela va mieux, excusez-moi du dérangement.

-       Ce n’est rien. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à me le demander.

Je ne sais pas ce qui me prend, mais le fait est que je lui dis :

-       Eh bien, oui en effet, j’ai besoin de quelque chose. Antoine, mon mari rêve d’une promotion depuis des lustres et je pense qu’il l’a mérite amplement quand je pense au temps qu’il passe à cirer les pompes de tout le monde dans sa boîte. Pourquoi n’en toucheriez-vous pas un mot à votre mari ? En contrepartie, j’expliquerai à votre fils qu’un baiser dans le cou est juste une façon de dire au revoir à un ami de longue date !

Madame Leveque est devenue blême au fil de ma requête puis je l’ai vu rougir et lorsqu’elle me répond d’un ton sec, je comprends que j’ai touché juste.

-       C’est d’accord, mais mon mari est difficile à manipuler.

-       Je suis sûre que vous ferez au mieux de vos intérêts.

Elle sort de la chambre sans un mot, très digne et je reste abasourdie !

Comment ai-je pu avoir le culot de la faire chanter comme si j’avais fait cela toute ma vie ?

Et si elle faisait virer mon Antoine ? Bah, tant pis ! C’est fait, je ne peux plus revenir en arrière.

Lorsque mon homme vient me chercher au milieu de la nuit pour rentrer chez nous, il a un drôle d’air. Un peu comme un gosse qui n’arrive pas à cacher une bonne nouvelle. Cela fait longtemps que je ne lui ai vu une mine aussi radieuse.

Finalement une soirée mondaine, c’est sympa !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                   Christie Jane (Juin 2004)


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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 19:19

Sujet : Peur inexplicable, irrationnelle, irraisonnée.

 

 

 

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Peur au ventre

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai encore jamais dû faire de livraison. Jusque là j’ai pu m’arranger avec le livreur ou Madame Cabus. Elle est fleuriste, je travaille chez elle depuis deux ans.

A mon engagement j’ai précisé que je pouvais tout faire sauf les distributions. Elle m’a rétorquée qu’il y a un livreur à cet effet qui venait deux fois par jour, une fois à 11h et une à 17h.

Mais voilà qu’aujourd’hui le garçon de courses est malade et la patronne en vacances.

Je me souviens d’une fois, il y a un an environ, où le contraire s’était produit. Le commissionnaire était en vacances et Madame Cabus à un enterrement. Il y avait, heureusement, une apprentie qui possédait un scooter, à qui j’ai pu demander d’aller à ma place distribuer les commandes. Cette fois-ci, ce que je redoutais le plus est arrivé et je n’ai personne pour faire le travail à ma place.

Je jette un œil aux adresses. Il y en a déjà trois : deux sont en ville, ouf, mais la dernière est en zone résidentielle à trente minutes environ en voiture. La journée va être longue jusqu’à ce soir, sans compter que de nouvelles demandes risquent d’arriver à tout instant.

Je grouperai les bouquets pour aller en ville ce midi et à la campagne ce soir. J’aurais aimé faire l’inverse mais je ne peux pas fermer la boutique trop longtemps. D’habitude il y a toujours quelqu’un pour répondre aux clients entre midi et deux heures. Je sens déjà mon cœur battre plus fort et plus vite. Je respire mal, mes tempes commencent à être douloureuses et mes mains sont moites et froides. Vivement ce soir ! Et si demain le livreur est encore malade ? Arriverais-je à supporter ça deux jours de suite ? Ou plus ? Mieux vaut ne pas y penser. Je me mets à préparer du mieux que je peux mes compositions florales pour les exposer dans la vitrine. Il n’est que huit heures et même la bonne odeur des roses n’arrive pas à m’apaiser. D’ordinaire, je me sens bien entourée par toutes ces senteurs fleuries, je ne regarde jamais l’heure car j’aime mon travail, mais aujourd’hui j’ai peur de voir défiler les minutes à la vitesse de l’escargot. La cloche de l’entrée tinte et je m’active à satisfaire au mieux la clientèle jusqu’à midi. Nous sommes vendredi et la fréquentation de l’échoppe est très animée. Heureusement le temps passe plus vite que je ne l’ai craint ce matin. De plus, une seule commande de livraison s’est ajoutée aux autres.

A midi, je ferme le magasin, mets les trois bouquets dans le coffre de ma voiture et pars le cœur serré. Ma gorge est sèche, je sens un courant glacé parcourir mes jambes et un filet de transpiration glisse sous mes aisselles.

Je me dirige vers la première adresse qui n’est qu’à cinq rues d’ici. Devant l’immeuble, je respire un peu mieux, c’est un immense bloc, cela devrait aller. Effectivement, tout se passe bien, c’est une dame âgée, vivant seule, au septième étage. La deuxième adresse est un peu plus éloignée mais toujours dans le centre. Mon cœur palpite toujours aussi vite et je sens quelques tremblements dans mes bras mais j’ai encore le contrôle de moi-même. J’essaie de me raisonner en pensant à mes obligations. Si Madame Cabus ne peut pas me faire confiance, elle me licenciera. Etonnamment, cette méthode de persuasion marche assez bien. Je trouve une place de parc et cherche le numéro de la maison qui se trouve être aussi un immeuble. La chance continue à me sourire. Il y a du monde dehors, c’est rassurant. Malgré cela je n’ai plus de salive et ma voix est enrouée lorsque je m’annonce à l’interphone. Une voix d’homme me répond de monter au quatrième étage. Aucun autre bruit derrière lui, il a l’air seul. J’ouvre la porte et monte dans l’ascenseur. Une fois dehors je respire un grand coup. Plus qu’une pour ce midi et je suis tranquille jusqu’à ce soir. Je me dépêche, il est déjà treize heures. La troisième distribution se trouve près d’un centre commercial mais c’est un petit immeuble de trois ou quatre étages. Les probabilités sont plus grandes d’en croiser un mais il faut que j’y aille. Pas d’interphone, je rentre.

Sur la boîte aux lettres il est marqué : rez à gauche. Mes jambes me soutiennent à peine tant elles flageolent. Je me retiens contre le mur. J’ai mal au ventre, la tension est à son comble. J’écoute tous les bruits susceptibles de me faire fuir. Derrière la porte, je tends l’oreille et sonne. J’entends juste le bruissement d’un pas traînant, à peine audible, mon ouïe est exacerbée par la peur. J’essaie de respirer. Une jeune femme emmitouflée dans une couette vient m’ouvrir. Je suis soulagée, rien derrière elle. Tout s’est bien passé jusque là. Pourvu que ça dure.

Mon cœur bat un peu moins fort en arrivant. J’ai du temps avant la fin de la journée, il faut absolument que je me calme, sinon je risque d’avoir un malaise. J’ouvre la boutique et les clients ne cessent d’affluer jusqu’au soir. Au moment de fermer, le téléphone sonne. Zut. Sûrement une nouvelle livraison. Que faire ? Je laisse sonner. Non, je ne peux pas c’est peut-être Mme Cabus. Parfois, elle appelle après la fermeture pour savoir si ça s’est bien passé, si le chiffre est bon. C’est ça les patrons, ils ont une caisse enregistreuse dans le cerveau. Je raccroche, c’était une commande pour demain ! Bon, je peux y aller. Je suis dans un état proche de l’évanouissement. Je vacille légèrement et le mal de tête s’est installé pour de bon, mes mains sont gelées et tremblantes, mais, plus vite ce sera fait, plus vite je pourrai rentrer chez moi.

Je sors de la ville, il fait déjà nuit, il est dix-neuf heures trente et nous sommes à la fin de l’automne, je me demande si je vais y arriver et je regrette de n’y être pas allée pendant l’heure de midi, la pénombre accentue mon angoisse. L’hystérie n’est pas loin et je ne peux plus réfléchir normalement, la paranoïa s’est installée.

Au bout d’une demi-heure sans trop de circulation, je bifurque dans la ruelle que je cherchais, c’est une impasse, et je distingue à peine une dizaine de petites maisons alignées de chaque côté de la route. Certaines sont entourées de barrières ou de grillages mais la plupart ne le sont pas. Je ne vais jamais pouvoir sortir de ma voiture. J’ai mis le bouquet de fleurs à côté de moi pour ne pas marcher jusqu’au coffre. Je me secoue et ouvre le clapet de la portière. La rue est silencieuse et déserte. J’ouvre complètement la portière et sors de mon véhicule avec ma livraison dans les mains. Je me suis munie de mon parapluie, c’est la seule arme que je garde dans la voiture. En me dirigeant vers le numéro 30, un aboiement me cloue sur place. Ça y est, je ne peux plus bouger. Mon ventre se tord, mes bras n’ont plus de force, mes oreilles sifflent, je suis paralysée par la peur. D’autres aboiements font échos aux premiers et je manque m’évanouir.

Soudain, je vois les phares d’une voiture tourner dans la ruelle et venir se garer près de moi. Un homme en descend, je me force à faire un pas. Il me demande si tout va bien. J’arrive à articuler que je cherche la famille Bouille. Il me répond que c’est lui. Alors en le remerciant dix fois au moins je lui flanque mon bouquet dans les bras et cours jusqu’à mon auto dans laquelle je me barricade avec le verrou automatique. Je prends une grande respiration et attends que mon corps veuille bien redevenir obéissant et calme avant de démarrer.

Une fois le choc passé je me vide de toutes les larmes de mon corps en me disant qu’il faut absolument que j’entreprenne quelque chose pour me guérir de cette phobie des chiens avant que je fasse une attaque cardiaque. Je ne peux plus continuer à vivre avec la peur au ventre.

 

 

 

 

                                                                                                                                                 Christie Jane (Octobre 2005)

 

 

 

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 14:35

C'était ma première séance à l'atelier d'écriture.

Le sujet : Ecrire une autofiction qui commence par une maxime.

 

 

 

 

 

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Enlèvement

 

 

 

 

 

 

Ce n’est pas parce que le soleil luit que la journée sera chaleureuse. En effet, un après-midi d’avril, je marche le long de la route qui mène au village près de chez moi pour admirer les fleurs du printemps. J’en reconnais quelques une comme les primevères, les violettes ou les Saint-Georges. Il est environ 14h00 et mon fils est à l’école. Je suis décontractée comme souvent en début d’après-midi; j’aime ce calme et cette solitude après le repas.

J’entends une voiture approcher très vite derrière moi, je me mets dans l’herbe et arrivée à ma hauteur, la voiture freine brusquement. J’entends les petits cailloux crisser sous les pneus. Deux hommes vêtus de noir sortent en courant, me prennent chacun par un bras et m’emmènent dans la voiture en me soulevant du sol. Je n’ai même pas le réflexe de me débattre, j’émets juste quelques protestations du genre : « mais, que faites-vous, laissez-moi ! » Ils ne répondent pas, et m’installent entre eux deux sur le siège arrière de la voiture, qui est rouge, c’est peut-être une Golf. Celle-ci démarre en trombe et continue la route.

Les deux hommes m’enserrent toujours les bras, j’en ai d’ailleurs encore des bleus, sans émettre un son. Je leur demande où ils comptent m’emmener mais sans obtenir de réponse.

Je prends donc mon mal en patience et attends de voir la suite des évènements.

 Je pense à toute vitesse : à  mon fils qui aura cinq ans au mois de juin, à mon compagnon, qui se trouve à son travail en ce moment et à la façon dont je vais pouvoir communiquer avec l’extérieur.

Les deux hommes ne m’ont pas fouillée, je possède encore mon téléphone portable dans la poche arrière de mon jean.

Nous roulons ainsi durant quelques minutes qui me paraissent une éternité, j’ai tout le loisir d’observer le chauffeur de la voiture : petit, un peu enrobé et la nuque pleine de poils qui dépassent de son tee-shirt, son crâne est un peu dégarni et il porte des lunettes. Quant aux deux autres, je n’ai pas eu le temps de bien les voir et je ne veux pas tourner la tête pour les observer.

La voiture s’arrête à la sortie du village, et se gare dans le parking de la caserne militaire déserte à cette heure de l’après-midi.

Là un homme attend, un costume trois pièces bleu marine, cravate assortie, les tempes grisonnantes, grand, environ 1,85 mètre. Il se penche, regarde à travers la vitre arrière du véhicule, me fixe de ses yeux bleu acier et fait non de la tête.

Le chauffeur redémarre, je ne sais plus quoi penser de tout cela, lorsque je remarque qu’il prend la route en sens inverse. On n’entend pas une mouche voler.

Arrivé à l’endroit de mon enlèvement, la voiture s’arrête et on me tire au-dehors sans ménagement, l’homme s’installe à nouveau sur son siège et la voiture repart à toute vitesse.

Je reste là hébétée et tremblante comme une feuille. Je me mets à courir en direction de ma maison à Feigères, à cinq cents mètres de là. A chaque bruit de moteur, mon coeur bat la chamade mais j’arrive enfin chez moi et me rue sur le téléphone pour composer le numéro de la police.

 

 

 

 

                                                                                                                                          Christie Jane (Avril 2004)

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 15:54
Le voisin du dessus

Sujet : Ecrire une histoire sur l'ambiguïté. Les gens à mille facettes. Quelqu'un de louche, sincère ou menteur.

           Qui aime ou n'aime pas. On est trompé sur quelqu'un, puis on découvre la vérité.

           Propos mi-figue, mi-raisin, équivoques...

 

 

 

 

 

 

Le voisin du dessus

 

 

 

 

 

Depuis trois ans que j’habite dans cet immeuble, j’ai eu l’occasion de discuter et de sympathiser avec l’ensemble du voisinage, ce qui représente une douzaine de foyers pour trois petits blocs locatifs. Quand je dis l’ensemble du voisinage ce n’est pas tout à fait exact. Mon voisin du dessus demeure une énigme à lui tout seul. Je ne sais pas quoi en penser.

Il est jeune, une petite quarantaine, je pense, et il n’a pas l’air de travailler. Enfin, pas à l’extérieur de chez lui; peut-être a-t-il une activité à domicile; du reste, il ne sort pas beaucoup, descend les escaliers en courant, prend son courrier et remonte les marches quatre à quatre. Il est très gentil, très poli mais je le sens lointain et distant. On pourrait penser qu’il cache quelque chose mais d’une part cela ne me regarde pas et d’autre part chacun a sa part de petits secrets.

S’il n’y avait pas eu ces cambriolages dans nos caves, je ne me serais pas plus intéressée aux faits et gestes de mon voisin.

Comme je suis retraitée, je sors et rentre à ma guise dans mon appartement, je n’ai pas d’horaire. Il m’arrive souvent de croiser des voisins différents au long d’une journée car je fais de petites ballades dans la cour commune aux trois immeubles. Une fontaine et de jolis parterres de fleurs ornent le centre de ce grand patio et j’aime à m’asseoir sur le banc et rêvasser ou lire un roman en écoutant  l’eau couler et les oiseaux pépier.

Or, depuis le mois d’août dernier, huit caves ont été « visitées » avec plus ou moins de dégâts et je me suis donc investie d’un rôle d’enquêtrice à la « Miss Marple ». J’observe les allées et venues de chacun mais plus particulièrement celles de mon voisin du dessus. Pourquoi lui ? Je ne sais pas vraiment, question d’intuition peut-être et le fait de ne pas savoir ce qu’il trafique chez lui contribue à le trouver louche. Il n’a pas l’air malade ou handicapé, sa voiture est celle de quelqu’un qui gagne bien sa vie et ses sorties rares et plutôt nocturnes m’encouragent à penser qu’il a des activités préoccupantes.

Il ne reste plus que quatre caves encore intactes, dont la mienne, et la police n’ayant pas fait preuve d’une grande efficacité, je me suis permise de garnir la lourde porte en bois d’accès aux celliers d’une multitude de petites clochettes accrochées dans tous les sens et de toutes les façons.

Certaines sont pendues au plafond au milieu du couloir faiblement éclairé, il faut le dire, d’autres sont clouées directement sur la porte de ma cave ou suspendues à la poignée. J’ai l’ouïe très fine et je me suis dit que mon stratagème ameuterait bien quelqu’un, soit mes voisins du dessous, ils sont de plain pied, soit moi-même au premier ou sinon pour faire une petite peur au voyou.

Car, bizarrement, la cave de mon fameux voisin n’a pas été cambriolée non plus. Notre immeuble est le seul à compter encore deux locaux sur quatre intacts.

Tous les matins je vais faire un tour au sous-sol pour vérifier mes clochettes et la cave du voisin.

Un matin alors que je m’apprête à descendre pour vérifier, j’entends un imperceptible tintement. Je me précipite et tombe nez à nez avec mon voisin du dessus. Celui-ci, chargé de colis encombrants, jure comme un charretier. Il est emmêlé dans la ficelle de ma clochette du couloir. Je l’aide à se défaire et il me demande ce que signifie ce cirque. Il n’est pas ravi et pour cause, un de ses paquets est tombé par terre et il a marché dessus surpris à cause de mes clochettes qu’on entend encore tintinnabuler.

- Je suis confuse, me suis-je exclamée, mais vous comprenez avec tous ces vols j’ai voulu me rendre utile.

- Peut-être mais ce n’est pas prudent ! Si j’avais été le voleur, j’aurais pu vous agresser ! Et ma toile, cela fait des mois que j’y travaille sans relâche, se lamente-t-il.

Je regarde ses colis et je réalise soudain que ce sont des tableaux.

- Mais que faites-vous dans le sous-sol avec tous ces tableaux ? Me suis-je permise de lui demander, soupçonneuse à nouveau.

- J’entrepose mes toiles ici avant la grande exposition qui devrait me faire connaître selon mon agent artistique qui s’occupe de vendre mes œuvres sur Internet et qui veut conquérir les grandes villes du monde. Paris, Berlin, Rome, New York, il a de l’ambition, vous savez ! Depuis qu’il a fixé une date pour l’expo je n’ai plus eu une minute à moi, j’ai peint et peint presque jour et nuit.

- Ah……….

Je me sens bête depuis une minute, comment ai-je pu penser qu’il était inquiétant juste parce qu’il ne sortait pas de chez lui !

- J’espère que vous viendrez au vernissage, vous êtes vraiment la voisine la plus sympathique que j’ai rencontrée !

Je me suis sentie rougir jusqu’aux oreilles lorsque de grands bruits au-dessus de nous nous ont fait remonter dans le hall d’entrée.

Deux gendarmes se trouvaient en compagnie de deux jeunes adolescents du quartier voisin. Ils venaient d’arrêter nos voleurs.

 

 

 

                                                                                                                             Christie Jane (Février 2007)

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 13:32

Sujet : Langage parlé.

           Imaginer un groupe avec quelqu'un qui annonce une nouvelle.

           Prendre deux conversations parallèles.

 

 

 

 

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Foire de Printemps

 

 

 

 

 

 

Nous nous étions toutes rassemblées pour préparer la vente de plantons. Demain c’est les dix ans de la Foire de printemps de Péron et comme chaque année une grande vente de plantons de légumes et de fleurs est organisée par le sou des écoles pour les activités extrascolaires des enfants de la commune. Nous commençons à décharger les containers quand Martine s’exclame :

-       Eh ! Mais y a pas d’étiquette ! Il est rien marqué, nulle part !

-       Non, tu rigoles, y en a p’têt plus loin, regarde sur c’ui-là, ah merde, non t’as raison y en a pas non plus, comment on va y faire alors ? s’interroge Sandrine.

-       Eh ! Pas d’panique, ça c’est des aubergines, on va faire des étiquettes ou bien ? j’interviens

-       Ouais ben moi ch’suis un manche, j’y connais que dalle ! Il est où le mec à Martine, y s’y connaît lui. maugrée Julie.

C’est une râleuse, Julie, il faut toujours qu’elle soit négative. Brigitte, l’organisatrice, qui n’a que levé les yeux au ciel jusqu’à présent mêle son grain de sel :

-       Y a deux ans, c’tait pareil, on en a bavé quoi disons. On avait dû improviser et les gens y comprenaient pas pourquoi y avaient des concombres au lieu de cornichons, des pâtissons à la place des courgettes, mais on l’a pas eu tout de suite la retombée, quoi disons.

-       Ben, ouais, il a fallu qu’les légumes poussent ! s’exclame Laurette

-       Laurence, tu sais comment on fait l’arche de montagne, toi ? demande Lucie

-       Ouais, c’est du céleri vivace, je l’mets sur mes patates à l’eau et ça donne du goût.

-       Qui a les étiquettes de l’année dernière ? lance Martine toujours sérieuse

-       Tu peux aussi en mettre quelques branches dans la soupe, c’est bon. dit Laurence

-       C’est Jean-Mi qui les avaient t’à l’heure. Répond Julie à Martine

-       Tu connais toi les cardons ? Y paraît qu’c’est vachement bon en gratin, mais j’ai jamais fait. Lucie est toujours dans ses recettes

-       C’est quoi c’truc-là ? s’interroge Laurette

Laurence explique à Lucie :

-       C’est facile, tu les prépares comme les côtes de blettes et tu fais ton gratin. Y faut juste qu’y cuisent plus longtemps qu’les blettes.

-       C’est de l’absinthe. Putain, ça pue ! A quoi ça sert ? râle Sandrine

-       Y a même un client qu’est revenu après l’été demander le remboursement de ses plants de tomates, quoi disons. Pa’ce qu’il avait des italiennes au lieu des russes, quoi disons. Continue Brigitte

-       Ça éloigne les pucerons ! On les comprend ça pue tellement ! je réponds

-       Ouais ben si tu veux pas qu’ça recommence faudrait p’têt en trouver un qui s’y connaît ! dit Julie à Brigitte

-       La Luce elle s’y connaît en gratin, j’te dis pas ! interromps Sandrine

-       J’parle des plantons, pas du gratin. s’énerve Martine

J’adore les préparations de Foire c’est toujours le foutoir !!!

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                       Christie Jane ( Mai 2006)

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 14:06
Permission de Minuit

Thème : Après la fête.

              Décor, ambiance, sentiments, projets, temps qui passe, etc.

 

 

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Permission de Minuit

 

 

 

 

 

                                                                                                     

 

                                                                                                                                               Christie Jane (Janvier 2005)

 

 

 

 

Texte publié dans Mosaïque pour Genève N° 11

EDITIONS ORPHEA ARTMEYRINOIS 2005IMGP2851

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 08:06

Sujet : Objets (fantastiques). Une histoire quotidienne où il arrive quelque chose d'incompréhensible en rapport avec un objet.

 

 

 

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La petite souris des dents

 

 

 

 

 

 

Dans la vie, il arrive parfois de drôles de choses.


Mon fils a six ans et il commence à perdre ses dents de lait. Ma hantise était de lui faire avaler l’histoire de la petite souris, car j’ai horreur de lui mentir. Je suppose que c’est le dilemme de beaucoup de mamans. Donc, j’avais acheté quelques livres ce printemps pour m’aider en prévision de cette tâche difficile. Etre parent ne signifie pas qu’on sait toujours tout, bien au contraire ! Je me pose souvent beaucoup de questions et c’est un retour sur soi permanent.

 

Donc, lorsque sa première dent est tombée, je lui ai lu l’histoire d’une petite souris domestique qui a peur de se faire doubler par celle des dents de lait. Une petite souris s’est prise d’affection pour un enfant. Imaginez sa déception et ses craintes quand elle voit près de lui la souris des dents. L’intruse va-t-elle la supplanter dans l’amour que lui porte son petit protégé ? Pour en avoir le cœur net sur les intentions de sa rivale, elle finit par la suivre le soir où le petit garçon a perdu sa première incisive. A sa grande surprise, elle découvre toute une organisation de souris spécialisées qui réparent les défenses des éléphants avec les dents de lait des enfants. La souris domestique rentre rassurée chez son petit propriétaire car personne ne va lui voler ni son amour ni sa place.


Mon fils est resté très incrédule face à cette histoire. Il m’a demandé :

-       C’est une vraie souris qui vient chercher les dents ?

-       Oui.

-       Mais comment elle fait la petite souris pour venir jusque dans ma chambre ?

-       Elle passe sous la porte, tu sais, elle est toute petite.

-       Mais comment elle fait pour prendre la dent sous mon oreiller et repartir avec ?

-       Eh bien, elle a peut-être un petit sac accroché à son ventre.

-       Et après elle va où la souris ? Elle en fait quoi de ma dent ? C’est pas pour des éléphants ?!

-       Ça, on ne sait pas. Ce qu’on sait c’est qu’elle laisse un petit sou à la place de la dent pour te remercier.

J’espérais que l’argent le distrairait de ses interrogations, mais en réalité il se fichait complètement du sou.

Il sait très bien que je ne lui mens jamais, alors il me regardait bien en face pour voir si je lui disais la vérité. J’ai soutenu son regard car je voulais qu’il croie à mon histoire. Pour le père Noël je n’ai pas réussi. Cette fois j’avais décidé de ne pas flancher. Je crois que cela a marché…du moins c’est ce que j’ai cru sur le moment.

Pour les deux premières dents tout s'est bien déroulé ; je lui ai montré que je mettais la dent sous l’oreiller. En fait, je la gardais dans ma main et je mettais discrètement la pièce. Je lui disais de ne plus y toucher et mon fiston obéissait bien sagement. Pour la troisième dent, les choses se sont légèrement compliquées. Il m’a dit :

-       Elle est trop chou, je ne veux pas que la souris la prenne. On peut la garder ?

Après réflexion, je lui ai proposé d’écrire un mot à la petite souris. Cela donnait ceci :

« Chère petite souris,

Nous avons gardé la dent de Jarod car nous la trouvions jolie. Excuse-nous pour le déplacement. Nous te faisons de gros bisous. »

Evidemment, sous l’oreiller, la lettre est restée intacte le lendemain matin.

Je croyais m’en être bien tirée jusqu’à ce que je fasse une découverte inattendue dans ma chambre.

A chaque fois, j’avais mis la dent de lait dans une minuscule boîte avec un petit papier qui indiquait la date à laquelle mon fils avait perdu son incisive et dans quelle circonstance. Les trois récipients étaient cachés dans un plus grand, transparent, dans ma commode, dans ma chambre. Personne, mis à part moi, ne le savait.

Or hier, j’ouvre le tiroir de ma commode pour y prendre le carnet de santé de mon fils et qu’est-ce que je vois ? Les dents avaient disparu ! Il manquait les trois petites boîtes ! Les suivantes étaient là, vides bien entendu, mais il manquait bien celles qui recevaient mes petits trésors en émail. C’est inconcevable ! Je ne pensais même pas à chercher ailleurs puisque j’étais sûre de ma cachette. De plus je ne pouvais pas demander à mon fils s’il avait pris quelque chose dans ce tiroir, ma cachette aurait été dévoilée.

S’il me réclame sa troisième dent ? Je fais quoi ?! Il faut que je les retrouve absolument ! J’ai appelé mon homme à son travail et lui ai posé fébrilement la question, il a ri et m’a répondu que je ne savais plus ce que j’en avais fait mais que je les retrouverais bientôt. J’enrage. Je sais encore ce que je fais !


La journée s’est passée sans réponse et ce matin, une fois mon fils parti à l’école, je suis en train de faire son lit quand je vois rouler sur les draps deux des petites incisives. Je fouille son lit et découvre la troisième sous une peluche. Mais qu’est-ce que cela veut dire ?

Lorsque je récupère mon petit garçon à la sortie de l’école, je lui demande :

    -          Comment se fait-il que j’aie retrouvé tes trois dents de lait sous ton oreiller ce matin ?

    -          Ah ! Oui, j’ai oublié de te dire que j’ai demandé à la petite souris de me          ramener mes deux premières dents car j’aimerais en faire la collection.

    -          Et la troisième, tu l’as prise où ?

    -          C’est la souris, elle me les a laissées les trois ensembles, cette nuit.

Alors là, soit il se paie ma tête, ce que j’ai de la peine à imaginer à six ans, soit j’ai raté un épisode quelque part…

 

 

 

                                                                                                                           Christie Jane (Septembre 2005)


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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 08:09

Ecrire une histoire en respectant trois consignes :

 

1) Trouver des comparaisons mais pas artificielles

2) Le narrateur peut se confondre avec "je" mais il n'est pas le héros de l'histoire.

    Il sait des choses que le héros ne sait pas. Il est secondaire à l'histoire.

3) Le sujet : Un homme (marche) seul dans la nuit les sens en éveil.

 

 

 

 

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Le veilleur de trop

 

 

 

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                                                                                                                                  Christie Jane (Octobre 2008)

 

 

 

 

 

Texte publié dans le Mosaïque pour Genève No. 16

EDITIONS ORPHEA ARTMEYRINOIS 2009IMGP2853

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