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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 16:12

Le sujet de cet atelier était : L'indécision. Ne pas se décider. Un décision difficile personnelle ou collective.

Containtes : 1) Monologue intérieur  2) Dialogue.


 

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Dire ou ne pas dire...

 

 

 

 

 

« Mon Dieu, aidez-moi ! Faites que je trouve la bonne décision ! »

 

Minerva ne dort plus depuis le drame dont elle a été le témoin. Elle revoit en boucle l’événement qui a changé sa vie et la changera pour toujours.

 

« Pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour que cela m’arrive à moi ? Et maintenant ? Je fais quoi moi avec ça ? Il va me le faire payer. Il faut que je trouve une solution pour m’en sortir et le faire coffrer sans qu’on sache que c’est moi. Peut-être une lettre anonyme au préfet ? Un téléphone tout aussi anonyme à un autre commissaire ? Oui mais lequel ? Ils se connaissent tous. »

 

Trois jours et trois nuits que Minerva ressasse encore et encore des idées en tous genres. Elle a peur et elle a de quoi ! Pensez-donc ! Que feriez-vous à sa place ?

 

Tranquillement assise devant la télévision un samedi soir, vous vous levez pour préparer un repas léger. En passant devant votre fenêtre, votre regard est arrêté par une scène étrange. Vous ne réalisez pas immédiatement la gravité de la situation : votre voisin, le commissaire principal de toute la région est en train d’étrangler sa femme. Elle s’effondre comme une poupée de chiffons. Vous n’arrivez pas à détacher les yeux de la scène, vous êtes pétrifiée. Le voisin va et vient dans le salon, il s’affaire, il accroche une corde au lustre du salon et y pend sa femme. Il ferme les rideaux, éteint la lumière et s’en va. Toujours tétanisée, vous ne savez que faire. Appeler les secours, c’est le commissaire lui-même qui va venir vous interroger, appeler une autre ville, ce ne sera pas de leur ressort, se taire ? Ce n’est pas envisageable.

Soudain, le voisin revient en compagnie d’un autre homme. Ils rigolent. Entrent dans la maison du commissaire, les lumières s’allument, puis un grand cri. Ensuite tout va très vite, une ambulance, des voitures de police, une civière, une ambulance qui repart au pas. Un commissaire effondré au milieu de ses collègues, pensez-donc sa femme s’est pendue, le pauvre homme, il prenait un café avec un collègue, il n’a rien vu venir…

 

Vous oui. Vous, vous savez. Et alors ? Vous faites quoi ?

Dans les jours qui suivent Minerva n’en entend pas beaucoup parler de ce coup de tonnerre dans son univers. Les suicides sont honteux, qui plus est pour la femme d’un notable. En discutant d’elle, les gens parlent de décès d’ailleurs pas de suicide.

Faut dire que Minerva vit seule, n’a pas beaucoup de contacts avec le voisinage, elle s’est toujours fait oublier, ce qui explique peut-être que le commissaire a omis ce détail : la fenêtre donnant chez sa voisine.

Et si c’était la prochaine ? Non, arrêtons-là la paranoïa et penchons-nous sur les tourments qui harcèlent Minerva. Cent fois elle a pris le téléphone, puis reposé avant de composer la fin d’un numéro. Cent fois elle a pris un stylo et du papier à lettre qu’elle a froissé et jeté à la corbeille à peine sa lettre commencée.

Soudain, une idée germe. Un avocat. Il est soumis au secret, oui mais il ne peut entamer de poursuites à sa place. Que faire ? Demander à un journaliste de venir. Tout lui raconter. Oui et après ? Il n’y a qu’une seule fenêtre donc ce serait forcément elle. Et si on la croyait et que le commissaire soit arrêté immédiatement ? Et si on ne la croyait pas ? Il est très populaire dans le coin, tout le monde le salue, le respecte, l’estime. On croira qu’elle a raconté des histoires parce qu’elle vit seule et qu’il faut bien s’occuper, les gens diront qu’elle a un début d’Alzheimer.

Mais lui saura qu’elle sait.

Minerva n’en peut plus, ce secret est trop lourd à porter. Elle décide de le partager avec sa meilleure amie et advienne que pourra, elle ne sera plus seule à devoir prendre une décision, ou pas…

 

« Bonjour Emeline, comment vas-tu ? Bien, ah, excellent. Tu ne voudrais pas venir boire le thé à la maison cet après-midi ? J’ai quelque chose à te dire. Ah ! Toi aussi ? Très bien, alors je t’attends vers quatorze heures. »

 

La matinée tire en longueur, Minerva fait les cent pas dans son salon et se répète inlassablement la façon dont elle va aborder le sujet avec son amie.

Il est à présent l’heure de son rendez-vous, elle n’a pas mangé et des sueurs froides descendent le long de ses bras, de son dos. Minerva guette à la fenêtre lorsqu’enfin la voiture de son amie entre dans l’allée, se gare. Son amie sort de la voiture et sonne à la porte toute pimpante.

 

« Bonjour Emeline, entre. Comme tu es radieuse ! Maquillée, bien habillée, toute en beauté ma chère. »

 

« Oh Minerva, si tu savais ce qui m’arrive ! Je revis. Oh, et je ne peux pas garder le secret plus longtemps, je suis amoureuse ! Je ne croyais plus cela possible, à cinquante cinq ans ! Mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Bon, il est un peu marié, enfin plus maintenant, bon c’est un peu compliqué mais je t’expliquerai. Et toi alors ? Tu voulais me dire quelque chose ? Tu as une mine, ma chérie, excuse-moi de te dire ça mais on dirait une déterrée, tu es malade ? »

 

« Tu ne crois pas si bien dire, enfin pour la mine de déterrée, pas la maladie. Je vais bien, enfin si l’on peut dire cela. Côté santé ça va, mais le reste c’est un vrai cauchemar.

Viens voir cette fenêtre, là, oui, ici mets-toi là et regarde. Qu’est-ce que tu vois ? »

 

« Oh ! Ben alors, Minerva !? Qu’est-ce que tu me fais là ? Tu es jalouse ou quoi ? Tu sais bien que c’est la maison du commissaire. Je ne sais pas comment tu l’as su, mais oui c’est lui, je sors avec lui depuis plusieurs mois maintenant. Et alors, tu ne vas pas me faire une scène quand même !? Oui je sais sa femme s’est suicidée et je ne suis sûrement pas étrangère à sa décision, il avait décidé de tout lui annoncer le samedi. Et le soir… oh c’est affreux, tu sais je me culpabilise mais en même temps je réalise que cela va être tellement plus simple maintenant. Oui je sais c’est horrible de penser cela mais je l’aime tellement. Tu ne vas quand même pas m’en vouloir, c’est pour cela que tu m’as fait venir ? Comment as-tu su ? »

 

Le cauchemar continue… dire ou ne pas dire…

 

 

 

 

 

                                                                                                      Christie Jane (Février 2013)

 

 

 

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commentaires

angie 20/09/2013 19:32

j'ai beaucoup aimé !!!

Christie Jane 20/09/2013 20:22

Bonjour Angie,
Merci cela me fait très plaisir !
Bonne soirée. :)

Sabine 15/05/2013 10:32

Bonjour
Mon association « J’attends donc je lis » propose de publier des textes courts 5 fois par an. (Gratuitement, bien sûr !)
Vous pouvez tenter votre chance avec vos propres textes à cette adresse:

http://jattendsdoncjelis.unblog.fr/

Cordialement
Sabine, la présidente

Christie Jane 20/09/2013 20:32

Bonjour Sabine,
Je vous réponds très tardivement. J'irai voir votre plateforme et merci pour la proposition.
A bientôt donc.
Cordialement

cronin 12/04/2013 18:00

Bonsoir Christiejane,

Merci de ta visite, je viens te souhaiter un bon et doux week-end, ici, en Lorraine, températures à la hausse et le soleil est annoncée ! Enfin... il a mis longtemps à venir...(rires) ma rose, je
vais bien ChristieJane, merci, j'espère que toi aussi. bisous, Corinne (Cronin)

Christie Jane 18/04/2013 18:27



Bonsoir Cronin (Corinne), je viens tardivement te remercier de tes visites régulières, j'ai changé d'horaires et j'ai du mal à tout concilier. Je te souhaite une excellente fin de semaine et à
bientôt c'est promis !


Bises amicales



résine tréssée 10/04/2013 14:18

très hâte de lire la suite, tu es désormais dans mes favoris :)

Christie Jane 10/04/2013 15:07



Oh merci c'est très gentil !!! J'espère être à la hauteur ! Belle fin de journée



cronin 29/03/2013 17:44

Bonsoir ChristieJane,

Je viens te souhaiter ainsi qu'à tes proches, de Joyeuses Fêtes de Pâques, toute mon amitié, à bientôt ! Bises amicales. Corinne (Cronin) et ma rose.

Christie Jane 05/04/2013 19:48



Merci Cronin (Corinne), désolée pour le retard de réponse. Je te souhaite un merveilleux et doux week-end avec du soleil (au moins dans les coeurs). Bisous



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